Calculer son TJM freelance : la méthode et le calculateur (2026)
Votre TJM ne se devine pas, il se calcule. En partant du revenu net que vous voulez vraiment gagner, en tenant compte de vos charges 2026 et du nombre de jours que vous facturez réellement. Utilisez le calculateur ci-dessous, puis comprenez chaque étape.
Le TJM, c'est quoi exactement ?
Le TJM, ou taux journalier moyen, est le prix que vous facturez à un client pour une journée de travail. C'est l'unité de référence de la plupart des missions freelance, en particulier dans le marketing, la communication et le conseil.
Attention à une confusion fréquente : votre TJM n'est pas votre salaire. C'est un chiffre d'affaires brut, sur lequel vous devez encore payer vos cotisations sociales, vos frais professionnels et votre impôt. Un TJM de 400 € ne veut pas dire 400 € dans votre poche à la fin de la journée. C'est justement pour ça qu'il faut le calculer en partant de ce que vous voulez réellement gagner net.
La méthode de calcul, étape par étape
Le bon sens voudrait qu'on parte du haut (un TJM au hasard) pour voir ce qu'il reste. La bonne méthode fait l'inverse : on part du net souhaité et on remonte.
Étape 1 : votre revenu net annuel visé. Multipliez le net mensuel que vous voulez par 12. Pour 3 000 € net par mois, cela fait 36 000 € net par an.
Étape 2 : ajoutez les charges sociales. Selon votre statut, une part de votre chiffre d'affaires part en cotisations. En micro-entreprise libérale (BNC), c'est 25,6 % du chiffre d'affaires en 2026. Il faut donc facturer plus que votre net pour couvrir ces cotisations.
Étape 3 : ajoutez vos frais professionnels. Logiciels, matériel, déplacements, assurance : ces frais s'ajoutent au chiffre d'affaires à réaliser. En micro-entreprise ils ne sont pas déductibles, il faut donc les intégrer directement à votre objectif.
Étape 4 : divisez par vos jours facturables. Prenez le chiffre d'affaires total nécessaire et divisez-le par le nombre de jours que vous facturez vraiment dans l'année, pas 365. Le résultat est votre TJM cible. C'est exactement ce que fait le calculateur ci-dessus.
En une phrase : TJM = (revenu net souhaité + charges sociales + frais pro) divisé par le nombre de jours réellement facturables dans l'année.
Les charges à ne pas oublier (taux 2026)
Les cotisations sociales sont le poste que les débutants sous-estiment le plus. Voici les taux officiels applicables au 1er janvier 2026 en micro-entreprise :
| Activité | Taux de cotisations 2026 | Abattement fiscal |
|---|---|---|
| Libéral BNC non réglementé (conseil, dev, design, rédaction) | 25,6 % du CA | 34 % |
| Prestations de services BIC (artisanal, commercial) | 21,2 % du CA | 50 % |
| Profession libérale CIPAV (réglementée) | 23,2 % du CA | 34 % |
| Vente de marchandises | 12,3 % du CA | 71 % |
Le taux des activités libérales BNC a augmenté en 2026, passant de 24,6 % à 25,6 % (source URSSAF). À cela s'ajoute une petite contribution à la formation professionnelle (environ 0,2 %). Ces cotisations financent votre protection sociale (santé, retraite, indemnités), mais pas le chômage.
Le piège des jours facturables
C'est l'erreur la plus coûteuse. Une année compte 365 jours, mais un freelance n'en facture qu'une fraction. Retirez les week-ends, les congés, les jours fériés, mais aussi le temps que vous ne facturez pas : prospection, devis, administratif, comptabilité, formation.
En pratique, un freelance à temps plein facture souvent entre 200 et 220 jours par an. Le calculateur part de 218 jours par défaut, un repère raisonnable une fois retirées environ cinq semaines de congés et une marge pour les tâches non facturables. Si vous débutez et passez beaucoup de temps à prospecter, votre chiffre réel sera plus bas, ce qui augmente mécaniquement le TJM nécessaire.
À retenir : plus vous facturez de jours, plus votre TJM peut baisser à revenu net égal. Mais viser 250 jours facturés est irréaliste : personne ne travaille sans congés ni temps de gestion. Mieux vaut un chiffre honnête.
Micro-entreprise ou société : quel impact ?
Le statut change le calcul, sur deux points.
En micro-entreprise, les cotisations sont un pourcentage fixe du chiffre d'affaires, simple à anticiper. Mais les frais professionnels ne sont pas déductibles : l'administration applique un abattement forfaitaire censé les couvrir. Vous devez donc intégrer vos frais réels directement dans votre objectif de chiffre d'affaires, ce que fait le calculateur.
En société (EURL, SASU), le calcul est plus complexe. Les charges dépendent de la façon dont vous vous rémunérez (salaire, dividendes), et un dirigeant assimilé salarié de SASU supporte des charges sociales sensiblement plus élevées sur sa rémunération qu'un micro-entrepreneur. En contrepartie, les frais professionnels sont déductibles du résultat, et l'optimisation salaire/dividendes ouvre des marges de manoeuvre. Le calculateur utilise ici une estimation moyenne : pour un chiffrage précis en société, un expert-comptable reste indispensable.
Si vous hésitez encore sur votre statut, notre guide savoir si le statut freelance est fait pour vous et notre comparatif freelance vs salarié : qui gagne vraiment le plus vous aideront à décider avant de vous lancer. Pour ouvrir votre compte pro, notre partenaire Shine offre 4 mois aux freelances de Mission Freelances.
Les fourchettes de TJM par métier
Le calcul vous donne un TJM minimum pour atteindre votre objectif. Reste à le confronter au marché : un TJM juste pour vous mais hors des clous ne trouvera pas preneur, ou au contraire vous sous-vendra.
Les fourchettes varient fortement selon le métier, la séniorité et la région. Un rédacteur SEO junior, un directeur artistique confirmé ou un traffic manager senior ne se positionnent pas au même niveau. Pour situer votre métier avec des chiffres à jour, consultez notre baromètre des TJM freelance, qui détaille les fourchettes observées par spécialité.
Les erreurs classiques à éviter
- Calculer sur 365 jours. C'est le piège numéro un, qui donne un TJM largement sous-évalué.
- Oublier les charges sociales. Confondre TJM et revenu net conduit à travailler à perte sans s'en rendre compte.
- Ignorer les frais professionnels. En micro-entreprise surtout, où ils ne sont pas déductibles, ils doivent être intégrés au calcul.
- Ne jamais réviser son TJM. Vos charges, votre expérience et le marché évoluent. Recalculez au moins une fois par an.
- Se caler uniquement sur le moins cher. S'aligner sur le TJM le plus bas du marché revient souvent à ignorer sa propre équation de rentabilité.
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